Ne jamais cesser de considérer chaque personne comme vivante
Une « euthanasie sociale » se lit parfois dans le regard ou les paroles de ceux qui ne mettent plus celui qui va partir au centre de sa vie, mais communiquent déjà sans l’associer. Cette dérive frappe parfois des personnes âgées en bonne santé. Notre regard semble leur dire que leur vie est devenue inutile, qu’elles n’en ont plus pour longtemps. Evidemment, c’est encore plus courant au chevet d’une personne qui ne s’exprime plus. Or, toute personne encore en vie doit être considérée comme… vivante ! Et cela se manifeste par des paroles, des gestes et des regards tournés vers elles. On sous-estime très souvent la capacité des personnes à enregistrer la présence, l’affection et le respect qui leur est témoigné dans ces moments où elles ne sont pas en mesure de répondre.
Idée :
remettre les personnes âgées au cœur de nos préoccupations. Continuer à associer les personnes en fin de vie aux nouvelles, même insignifiantes de nos vies quotidiennes. S’intéresser à leurs désirs et à leurs projets.
Conseil :
- On peut essayer d’assurer une conversation suivie, en repartant des choses (émotions, désirs, projets qui avaient été partagés). Mais on peut aussi accepter d’entendre répéter toujours la même chose (par exemple des peines, des souvenirs qui ont besoin d’être partagés…) voire d’accepter, lorsqu’une personne n’a plus toute sa tête, qu’elle se répète sans s’en rendre compte, ou qu’elle ne se souvienne même plus de notre dernière visite. Accepter la qualité, la valeur du présent, sans être obsédé par l’efficacité ou le résultat, c’est peut-être le cadeau que ces personnes nous font.



