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06-11-2009 10:11 22:11 Il y a : 305 days

Euthanasie : ne pas pousser mémé dans les orties

 

Source : Zoom 43 - 7 novembre 2009

Alors que l'Assemblée nationale va débattre le 19 novembre 2009 d'une proposition visant à légaliser l'euthanasie, l'Alliance pour les Droits de la Vie contrattaquait dès vendredi 6 novembre avec une campagne de sensibilisation aux risques encourus par cette légalisation. Elle s'est déroulée simultanément dans 180 villes de France et plus de 500 000 tracts seront distribués. Au Puy-en-Velay, une scénographie surprise a été jouée, mettant en scène une vieille dame pourchassée par une infirmière dotée d'une colossale seringue.

Ne pas mourir à l'hôpital

Aujourd'hui, lorsqu'on les interroge, 70 % des Français affirment désirer mourir à domicile alors qu'en réalité ils sont 75 % à mourir à l'hôpital. Ce chiffre révèle parfaitement la crainte, pour beaucoup de gens, de finir péniblement sa vie, perdant toute dignité au terme d'un acharnement thérapeutique vain. Cette crainte est légitime, comme le confie Isabelle Gastal, déléguée départementale de l'Alliance pour les Droits de la Vie : "dans l'opinion publique, je pense qu'il y a souvent des incompréhensions : beaucoup de peur car on a tous peur de mourir, de souffrir et de voir souffrir nos proches. C'est quelque chose qui nous habite".

Et l'on pense parfois que le seul moyen d'échapper à cet acharnement thérapeutique, c'est de recourir à l'euthanasie. La façon dont ces deux réalités sont trop souvent présentées les met en concurrence, comme si elles constituaient une alternative. En réalité, ce sont deux excès de la médecine moderne, qui dans un cas, maintient artificiellement en vie, et dans l'autre, donne la mort. 

Sortir de ce malentendu implique une troisième voie, humaine, qui consiste à prendre soin d'une personne jusqu'au terme naturel de sa vie sans administrer ni traitements inutiles, ni piqures létales. C'est cette troisième voie, proposée dans la loi fin de vie de 2005, que l'Alliance pour les Droits de la Vie veut soutenir, comme le confirme Isabelle Gastal "cette loi vise à instaurer un dialogue plus intense entre soignant et soigné car si quelqu'un qui veut que l'on arrête des traitements très invasifs et qui n'ont plus pour raison de le guérir mais seulement de reporter l'échéance, alors oui, il a le droit d'être entendu". Malheureusement, en fin de vie, beaucoup de personnes n'ont pas toute leur tête et l'on ne sait plus quel crédit apporter à leurs paroles. Qui doit alors décider ?

Une solution économique ?

"Faut pas pousser mémé dans les orties" candaient les manifestants lors de la représentation de théâtre de rue, pour manifester que d'une part, les arguments des promoteurs de l'euthanasie sont fondés sur l'exagération et que d'autre part, l'euthanasie légale pourrait exclure de la société des personnes très âgées, très dépendantes ou très malades, mais surtout très coûteuses…En effet, l'accompagnement en fin de vie représente un véritable coût, et la crainte -implicite- du collectif, c'est aussi de faciliter les recours à l'euthanasie afin de rééquilibrer les budgets dans un secteur qui souffre d'une situation financière difficile. Les dérives pourraient conduire les hôpitaux à recourir de plus en plus souvent à l'euthanasie, en argumentant auprès des familles et des patients afin de réaliser des économies. Une vision terrible à laquelle il faut tout de même réfléchir, l'argument financier devenant de plus en plus l'argument ultime.

Maxime Pitavy (ZOOM 43)


1 Commentaire

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#1 Alexandre a écrit le 07-11-2009 07:38 answer

et quand on aura légalisé l'euthanasie, devant cette "solution" de "facilité", pousuivra-t-on les nécessaires investissements de recherches en soins palliatifs ?

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